Un petit conseil aux cinéphiles de la rue Saint-Guillaume pour commencer: évitez le MK2 Odéon. Certes c’est un cinéma central, bien placé, et où la programmation est habituellement plutôt de qualité. Le soucis ne vient pas non plus de la VO ou de la VF, ni du public, à moins que vous soyez allergique aux étudiants bobos-intellos du quartier latin (mais que faites vous sur ce site alors?). Le MK2 est victime d’une malédiction vielle de 5 ans, qui remonte à l’époque où Sciences-Po en travaux y délocalisa ses cours d’amphi. Qui alors n’a pas éprouvé le confort de ces sièges et n’est pas tombé dans les bras de Morphé alors que Duhamel ou DSK ânonnait pour la centième fois un cours mille fois répété. Même aujourd’hui lorsque j’y retourne, 4 ans plus tard, ces souvenir d’un interminable ennui me hante encore et comme à l’époque je ne peux m’empêcher de piquer du nez.
Pourtant Sherlock Holmes n’a rien du film narcoleptique, ça se bat dès la première minutes et Guy Ritchie enchaîne les courses poursuites en veux-tu en voilà. Mais il réussit à ne pas dépasser un seuil où l’action devient insupportable, et évite l’écueil des scènes répétitives. Le film est de très bonne facture, un bon film d’aventure en sorte. Mais ça s’arrête là, pas de raison non plus de faire ici une déclaration d’amour à Guy Ritchie et de louer mille et mille fois son talent. On sort du film satisfait, on en cause pas deux heures non plus. A une réalisation bien maîtrisée il faut ajouter des acteurs bien dans leurs personnages. Robert Downey Jr. passe très bien en Sherlock Holmes, alternant entre le personnag auto-destructeur et le détective aux 6e, 7e et même 8e sens, mais jamais trop sérieux. Jude Law fait de même avec Watson, qui se retrouve bien mis en valeur par le film, plus que dans les romans de Conan-Doyle. On a la surprise de retrouver la petite anglaise de l’Auberge Espagnole et des Poupées Russes dans le rôle de sa fiancée, tandis que Rachel MacAdams incarne le double féminin, trouble et voleur (pléonasme) de Holmes. Et enfin le Londres victorien offre un décor beau et efficace à l’action. Un film d’action de bonne facture vous dis-je. Certes beaucoup de libertés sont prises avec l’oeuvre de Conan- Doyle, mais n’ayant jamais été un grand fan, j’en juge l’adaptation plutôt réussie, même si elle risque de décevoir les lecteurs les plus assidus.
Les quelques réserves à y apporter tienne surtout au futur second opus déja annoncé, à grand fracas publicitaire puisque ce sera Brad Pitt qui incarnera le grand méchant Moriarty. Le film tend déjà quelquefois vers une intrigue par trop invraisemblable, il risque peut-être d’y sombrer
complètement. Quel besoin l’arme suprême de Lord Blackwood a-t-elle d’être un tel bijou de technologie, or comme c’est grâce à elle que la transition est faite vers la suite cela ne laisse craintif, surtout quand on sait que Guy Ritchie n’enchaîne pas les chefs d’œuvres comme Tarantino. Se souviens-t-on de RocknRolla et de Revolver? Non c’est toujours sur Arnaque, Crimes et Botaniques et Snatch qu’il fonde sa réputation. Bref pour me répéter une dernière fois ce n’est pas un chef d’œuvre, mais un très bon divertissement.
N.B: le Champo repasse La vie privée de Sherlock Holmes, de Billy Wilder. Mieux vaut retourner le voir que de suivre les débats stupides à propos de « l’orientation sexuelle » de Holmes (et Watson), c’est bien mieux que les prises de becs entre les héritiers auto-proclamés de Conan-Doyle
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