Un bon film de SF passé inaperçu

Ce qui est bien avec les dvd, c’est qu’un soir de disette intellectuelle il est toujours bon de prendre la première galette qu’on trouve et se poser dans son lit, à regarder un film qu’on n’aurait pas vu au cinéma. Bon, c’est surtout vrai quand les dvd coûtent moins d’un euro. Donc pas en France.

C’est le cas de Splice, un film de SF passé assez inaperçu (en tout cas en France). Ce qui est paradoxal, car le film est une production franco-canadienne, réalisé par Vincenzo Natali, le keumé qui a tout de même tourné Cube, ce qui n’est pas rien. Donc, Splice, ce n’est pas qu’un film de SF de plus, c’est un film de SF intelligent et bien mené, en tout cas durant toute la première partie du film.

Donc de quoi parle le film? Adrien Brody joue un génie génétique (encore une blague, je suis en forme) qui, avec l’aide de sa copine, Sarah Polley, elle aussi généticienne, s’amusent à créer des espèces nouvelles en combinant des ADN différents (splicing the adn donc). Comme ce sont des gros N.E.R.D (qui est en fait le nom du labo, ce qu’ils sont drôles les scénaristes quand même), ils arrivent à leur fin et créent une sorte de créature phallique qui contient dans son ADN des potentialités pharmaceutiques. Bref, les deux amis veulent aller plus loin, mais le labo qui les emploi préfère se contenter du phallus génétique. Du coup, les Laurel et Hardy de la génétique prennent sur eux de créer leur nouvelle créature en louzdé. Mais cette fois-ci, c’est en mixant de l’ADN humain qu’ils vont faire leur expérience…

Bref, vous comprenez, ils créent un simili-humain, qui grandit bien plus vite que prévu. Les deux amants se demandent ce qu’ils vont faire de leur créature, Adrien est plutôt d’avis d’arrêter l’expérience, mais l’instinct maternel de Sarah Polley refait surface et protège la créature (Dren, nerd à l’envers, qu’est-ce qu’ils sont fun les scénaristes) contre les instincts meurtriers, mais prudents, d’Adrien.

Le film pose en gros la question, bien sûr, de la responsabilité des généticiens, mais aussi de ce qui fait de nous des humains. A partir de quand peut-on dire que l’on a franchit la barrière qui sépare l’homme de l’animal? C’est une question importante, que posent les progrès récents de la génétique, et qui dans ce film est traitée de manière très subtil, et en même temps très humaine. Car l’attachement des deux généticien à leur progéniture factice (quoique…) ne peut que nous attendrir. Le film pose aussi la question de l’instinct maternel, à travers la figure de Sarah Polley, ancien enfant battu qui a la tentation de  répéter son enfance avec Dren, bien malgré elle. La question de la sexualité n’est pas en reste, puisque Adrien ne cache pas ses désirs envers Dren dans plusieurs scènes très bien filmés.

Toute la première partie du film, qui fonctionne comme un huis-clos génétique, pose toutes sortes de questions, peut-être un peu trop, mais arrive assez bien à mêler science fiction et interrogation philosophique. La fin du film, beaucoup plus attendue, réjouira les amateurs de SF à l’ancienne, avec ses scènes de baston au final assez bien faites.

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