I don’t give a damn about my bad reputation…
La musique du générique de la série culte Freaks and Geeks, interprétée par Joan Jett (« Bad reputation ») pourrait résumer l’esprit de la série créé par notre vénéré maître Judd Apatow. Prélude de tous les films et les obsessions d’Apatow, cette série, outre la joie qu’elle procure lorsqu’on la visionne pour la première fois, permet de retracer la généalogie d’Apatow, comme de ses acteurs. Car un des grands mérites de cette série fut de nous avoir fait découvrir des acteurs promis à un brillant avenir: Seth Rogen, James Franco, Jason Segel (le Marshall de How I met your mother), Linda Cardellini, John Francis Daley ou encore Samm Levine ou Martin Starr. Les guest star s’appellent Jason Schwartzman, Shia Labeouf et Ben Stiller. Comme toutes les séries d’Apatow malheureusement, cette série ne dura qu’une saison, entre 1999 et 2000.
Pourtant, on peut considérer Freaks and Geeks comme une série culte, qui jusqu’aujourd’hui inspire de nombreux réalisateurs. La série se déroule au début des années 80 dans un lycée paumé d’une banlieue de Michigan. Le film s’inspire largement de la vie lycéenne d’Apatow dans les années 80, et suit le parcours de deux frères et soeur de la famille Weir(d), Linda Cardelini et John Francis Daley. La première, championne de math du lycée, va s’accoquiner avec les « freaks » du lycée, les bad boys and girls qui écoutent Led Zep en fumant des joints et séchant les cours. Comment ne pas aimer les freaks, surtout lorsqu’ils se nomment Seth Rogen, James Franco et Jason Segel. La scène d’ouverture de la série est à ce titre représentative de la série: dans le stade de football américain du lycée, une cheerleader et le capitaine de l’équipe s’avouent leur amour, mais la caméra ne s’attarde pas sur eux, et descend en bas des gradins où nos trois compères freaks discutent des mérites du batteur de Led Zep et de la weed.
A côté des freaks, nous avons bien sûr les geeks, représentés par John Francis Daley, Samm Levine et Martin Starr. Ils vouent un culte à Star Wars, kiffent les jeux de rôle, et ont des problèmes avec la gent féminine du lycée. Bref, le type de geek que l’on connait tous (ou plutôt que l’on est tous).
La force de la série est de traiter de sujets à la fois drôles et réalistes. On s’identifie sans peine aux acteurs et aux situations, bien que tout cela se déroule dans les années 80. On retrouve d’ailleurs plusieurs éléments qui apparaîtront dans les films produits par Apatow, comme Superbad: dans un épisode, Linda Cardellini doit acheter de l’alcool pour une soirée (ce qui donnera lieu à bien des péripéties, les geeks ayant l’idée saugrenue de remplacer la bière alcoolisée par un substitut, ce que personne ne remarquera), ou encore lorsque la bande des geeks se fera inviter à une soirée par les filles du lycées avec lesquelles ils aimeraient bien sortir.
Freaks and Geeks est une série générationnelle, différente de celles que l’on nous assène (Friends, How i met your mother, Big Bang Theory, pour le meilleur comme pour le pire), en ne centrant pas le scénario sur des répliques censées suscitées automatiquement le rire, mais en élaborant des situations parfois comiques, souvent touchantes. C’est finalement la méthode Apatow qui est ici élaborée: nul besoin de rires enregistrés ni de gags répétitifs, la nouvelle comédie américaine tente de construire une histoire à partir d’éléments vécus. Et c’est pas rien. On pourrait aussi parler de l’héritage de la comédie juive qui s’exprime en creux à travers Apatow et ses acteurs. Même si la série fait le choix de n’avoir qu’un personnage dont la parenté juive est revendiquée, tous les acteurs cités précédemment (à part Linda Cardellini) ont quelque chose à voir avec la religion juive (tendance qui se poursuivra dans les autres films d’Apatow, mais également dans des séries comme How i met your mother). Cet héritage comique mériterait d’être analysé plus en profondeur, mais ce n’est pas notre but aujourd’hui…
Nous reparlerons plus longuement d’Apatow à travers la série qui succédera à Freaks and Geeks, et qui ne durera elle-même qu’une saison, à savoir Undeclared, avec l’excellent Jay Baruchel.
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