Devenir-animal

L’unanimité est toujours suspecte. C’est pourtant plein d’entrain que je suis allé voir Holy Motors, chef-d’œuvre proclamé par toute la critique cinématographique, depuis les Inrocks (tu m’étonnes), en passant par les Cahiers du Cinéma, Critikat, Le Monde, jusqu’à Mad Movies (!). D’après toutes ces bonnes gens, le film de Carax fait office de coup de génie, meilleur film de la croisette, injustement boudé par le jury du festival de Cannes.

Au sortir du film, je me dis qu’il y a deux possibilités : soit je suis insensible à la beauté du 7ème art, soit les critiques ont fumé un énorme bang avant la projection cannoise. Les deux sont possibles cela dit.

Comme une impression de néant m’envahie lorsque je repense au « chef d’œuvre » de Carax, j’ai décidé de chroniquer non pas Holy Motors tout seul, mais avec son antithèse, j’ai nommé The Amazing Spiderman. Pourquoi les deux ensemble, pourquoi antithèse, des réponses bientôt (ou pas).

Spiderman pose une question avant même sa vision : pourquoi aurait-on besoin d’un reboot (remise à zéro) de la franchise, après la trilogie initiée par Sam Raimi, dont les deux premiers volets constituent la pierre de touche du film de super-héros (avec Hellboy de l’ami Del Toro) ? Un Spiderman 4 a été un instant envisagé, avant que des désaccords, des questions de budget, et tout ce qui fait le charme du development hell (dont Spiderman est un cas d’école, puisqu’il avait tout d’abord été pensé pour être réalisé par Ridley Scott, avant que celui-ci ne rempile avec ses aliens), ne pousse le studio au reboot. Comme nous l’avions déjà dit ici, les derniers reboots ont été partagé entre mauvaises, voire très mauvaises idées (Conan, Hulk, Superman), et coups de génie (Batman, La planète des singes). Mais que reste-t-il à dire de Spiderman qui n’a pas déjà été évoqué par Sam Raimi, qui avait réussi à comprendre l’essence du comics, et en retirer une très bonne métaphore des mutations de l’adolescence ? La réponse apportée par Marc Webb (ça ne s’invente pas), auteur du plutôt bon 500 jours ensembles (en même temps un film avec Joseph Gordon-Levitt peut-il être mauvais ? Oui diront ceux qui ont vu G.I. Joe le réveil du cobra) est de remettre « au goût du jour » une licence portée sur l’adolescence. Peter Parker vire sont attirail de premier de la classe, symbole du nerd pour plusieurs générations de lecteurs de comics, pour endosser celui du sk8er boi cher à Avril Lavigne, plus cool et moins torturé. Exit aussi les problèmes de thune qui faisait de Spiderman une série beaucoup plus humaine que toutes celles qui touchent aux super-héros. Et exit également la phrase désormais culte d’Oncle Ben (c’est toujours un succès), « un grand pouvoir donne des grandes responsabilités ». On peut être déçu par ces options prises par Marc Webb, mais cela permet de renouveler l’interprétation donnée par Raimi. D’autant que Webb a bien fait ses devoirs en potassant Le héros aux milles visages de Joseph Campbell et inscrit Peter Parker dans un héritage mythologique et biologique, en faisant de son père un généticien travaillant sur  l’ADN des araignées, et dont la mort demeure mystérieuse. Raimi avait pris le parti de faire de Parker un enfant comme les autres, quoique particulièrement brillant, mais qui ne revendiquait aucun héritage, qu’il soit symbolique ou biologique. D’autant que le film de Webb ne résout pas le mystère de la disparition des parents Parker, repoussant son élucidation au deuxième, voire troisième épisode de la saga.

Le film s’enfonce dans des imprécisions et des maladresses scénaristiques, probablement du fait d’un montage assez dégueu. Pour s’en convaincre il suffit de voir la bande annonce, et remarquer que la plupart des dialogues ayant trait à la naissance de Peter ont été coupés du montage final. La bonne idée de Webb est d’avoir fait de Spiderman un super-héros humain, parfois faible et inefficace. Mais toutes les maladresses du scénario plombent littéralement le film, comment légitimer le fait qu’on entre dans Oscorp comme dans un moulin ou que Gwen Stacy puisse fabriquer un vaccin sans avoir eu le bac ? Et on passe sur la fabrication de la toile par Parker, dont la seule prouesse technologique est d’avoir installé un verrou automatique sur sa porte afin de regarder (hum) des photos de Gwen Stacy sur son ordi en lousdé. En parlant de Gwen, il faut un jour que l’on dise à Emma Stone que jouer une ado de 17 ans était encore crédible dans Superbad, moins dans Spiderman.

Outre toutes ces critiques, le film arrive à parfois à esquisser une réflexion qui manque dans les films de Sam Raimi, à savoir la proximité entre l’homme et l’animal, et même le devenir-animal de l’homme, qui irrigue l’histoire de Spiderman, mais également celle de sa némesis, l’Homme Lézard. « Le devenir-animal n’a rien de métaphorique. Aucun symbolisme, aucune allégorie. Ce n’est pas davantage le résultat d’une faute ou d’une malédiction, l’effet d’une culpabilité » [Deleuze-Guattari, Kafka. Pour une littérature mineure, p. 65]. Homme-araignée, devenir-araignée de l’homme contre devenir-lézard de l’homme, qui culmine lorsque l’Homme Lézard décide de transformer tous les new-yorkais en animaux de sang froid, afin de faire disparaître les faiblesses humaines. Une humanité rédimée par son inscription dans un devenir-animal, seule issue possible selon Deleuze. Et comment ne pas penser aux lignes de fuite lorsque Spiderman établi dans les égoûts une véritable toile d’araignée partant dans toutes les directions ? Ce n’est pas tant l’Übermenschen dont il est question dans ce film de super-héros, mais une autre voie possible offerte à l’homme, celle de son animalité.

« Une issue, et pas la liberté. Une ligne de fuite vivante et pas une attaque »

C’est ici que Spiderman rejoint Holy Motors, ou en tout cas dans son aspect le plus intéressant. Holy Motors se présente selon l’avis général comme une réflexion godardienne sur la « mort du cinéma ». C’est faire beaucoup d’honneur à Carax de le comparer à JLG, et c’est également oublier que selon ce dernier, « le cinéma c’est 24 fois la vérité par seconde », ce que Carax semble avoir oublié au profit d’une métaphore poussive sur le cinéma. Pourtant ce n’est pas lorsqu’il aborde la « mort du cinéma » que Carax est le plus convaincant, mais plutôt lorsqu’il esquisse la question de la « mort de l’homme ». Le passage mettant en scène Monsieur Merde, échappé du segment de Tokyo ! réalisé par Carax, est certainement le moment le plus intéressant d’un film terne. L’homme-animal joué par Lavant est le pendant de l’Homme Lézard de Spiderman, vivant dans les égouts, mangeant de l’argent et s’emparant de la beauté humaine (Eva Mendès) pour la rabaisser au rang animal. La dernière partie d’Holy Motors représente l’acmé de la relation humain/animal en intégrant dans la douceur du foyer humain des chimpanzés. Mis à part ces rares moments, Leos Carax se touche la caméra en permanence, enchaînant clichés et réflexions médiocres sur le cinéma. Dans une des seules scènes « théoriques » du film, Lavant se plaint de la disparition de la caméra à cause du progrès technique. « Les caméras étaient plus grandes que les hommes, maintenant on ne les voit même plus ». Détournant le principe de la performance capture pour en montrer l’incurie, Carax se prive d’une réelle réflexion sur la technique et son impact sur l’histoire (encore jeune) du cinéma, à la manière d’un Benjamin dans L’œuvre d’art à l’ère de sa reproductibilité technique, pour ne livrer qu’une vision conservatrice de la « qualité » du cinéma. Flattant les bas instincts des critiques de ciné en légitimant leur position sociale, Carax ne révolutionne rien, et l’on a plutôt l’impression d’assister là à une imposture magistrale.

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Le petit Nicolas paye ses impôts 2: Ghost Rider

Bizarrement, nous aurions aimé aimer Ghost Rider 2: L’esprit de vengeance. Parce qu’on aime beaucoup Nicolas Cage, cet acteur caméléon qui enchaîne les navets plus vite qu’une AMAP. Parce qu’on aime aussi les réals, Nevedine et Taylor qui nous ont offert Hyper Tension et sa suite, des actioners complètement barrés où Statham devaient littéralement se shooter à l’adrénaline (ou au voltage haute tension dans le 2). Bref, sur le papier on pensait bêtement se retrouver avec un grand bazar bordélique et amusant, où Cage pouvait enfin faire sortir la bête qu’il trimballe en lui. Oui mais non.

Déjà l’action se déroule en Europe de l’Est, afin de limiter les coûts de production, ce qui donne l’impression de regarder un nouveau film de Steven Seagal (et ce n’est pas un compliment). L’Europe de l’Est, avec sa légende post-communiste apocalyptique, est en train de devenir la Mecque du film bourrin du pauvre. Et l’apocalypse est justement au rendez-vous dans ce deuxième volet des aventures de Johnny Blaze (oui c’est son nom), le gars qui a littéralement vendu son âme au diable et qui depuis conduit une moto de l’enfer en enflammant son crâne et ses ennemis. Pour la faire courte, il accepte de venir en aide à des moines afin de protéger l’enfant d’une punkette et du diable. Autant vous le dire, le scenar est bourré d’incohérences, et l’interprétation des acteurs n’arrange rien. La nouvelle moumoute de Cage est aussi effarée que lui, et même l’apparition de Christophe Lambert (« here we are, born to be king… ») ne vient pas égayer la fête. On se prend même à regretter le premier Ghost Rider (en tout cas Eva Mendes). C’est quand même dommage de gâcher ainsi un des meilleurs personnage de l’écurie Marvel. Enfin, on est habitué à du gros ratage en série depuis les 4 fantastiques. Et c’est pas près de s’arranger.

Bref, c’est mauvais, c’est cheap, et ça n’a même pas l’énergie des premiers films de Nevedine et Taylor. On attend donc de pied ferme le retour de Nicolas dans un rôle enfin à sa mesure. De l’heroic-fantasy. Au moins on se marrait. (345)

We can be heroes

Petite séquence rétrospective des super héros de l’année 2011. Nous ne sommes pas en décembre, certes. Les films dont je vais parler sont sortis il y a déjà quelques temps, certes. Mais de toute façon c’est moi qui écris.

En fait c’est parce que je viens de me taper trois films de super héros pour parfaire ma connaissance des comics au cinéma, et surtout afin de me préparer aux Avengers de Joss Whedon, mai 2012 sur vos écrans (4 mai aux US, pour nous on sait pas trop).

En tout cas, l’année 2011 a été prolixe en super héros en collant moule-bite. Par contre, la qualité n’était pas vraiment au rendez-vous. Nous avons déjà parlé de X-Men Origins: First Class, et malgré toutes les limites du film de Matthew Vaughn, il supplante les films en 3D qu’on nous a infligé.

Hal Jordan à la lanterne

Gros gros gros foirage, ce Green Lantern version ultra-kitch. Les effets spéciaux sont improbables, les acteurs sont médiocres. Ryan Renolds, qui nous avait déjà infligé une personnification de Deadpool dans le également très mauvais X-Men Origins: Wolverine. D’ailleurs petite controverse dans la communauté geek, comment un acteur qui a joué dans une production Marvel, et qui va revêtir de nouveau le costume de Deadpool (malheureusement pour le personnage de Marvel que je chérie particulièrement) peut-il se compromettre dans une production DC? On rappellera aux mauvais élèves qui lisent ce blog que DC publie les aventures de la Justice League (Superman, Batman, Green Lantern, Flash, Wonder Woman, etc.), tandis que Marvel est lui l’éditeur des Avengers (Iron Man, Thor, Hulk, Captain America, etc.). La rencontre de ces deux univers produit des crossovers particulièrement savoureux.

Bref, en gros Green Lantern c’est Hal (qui n’a aucun rapport avec IBM) Jordan, un pilote d’avion qui tombe sur un extra-terrestre mourant qui lui file une bague et une lanterne. Bon, ça à l’air bizarre dit comme ça, mais c’est un super héros extrêmement populaire qui a fait fantasmé de nombreuses générations. Car grâce à cette bague (qu’il lui faut recharger), il peut créer tout ce qui lui passe par la tête, de l’arme la plus perfectionnée à l’objet le plus improbable. Green Lantern fait également partie des Green Lantern Corps, les gardiens de l’ordre de l’univers qui possèdent tous la même bague.

Le film reprend l’architecture narrative de la série, mais peine à en saisir les enjeux. Hal Jordan est affublé de la psychologie d’une moule attardée, malgré une tentative complètement foire de lui donner de l’épaisseur psychologique : le flash back de la mort de son père, également pilote, qui n’arrive pas à s’insérer dans la structure du récit, et n’apporte rien à l’intrigue. Plus drôle, les passages avec les Green Lantern Corps sont l’occasion d’une bonne tranche de rigolade au vue des performances esthétiques. C’est super cheap, mais assez fun. Malheureusement ces épisodes sont très courts, et l’on revient sur terre, où l’intrigue patine. Le propos du film est construit autour de la dichotomie entre la puissance de la volonté, représentée par le « vert » des Green Lantern, et la peur, incarné par Parallax et sa couleur jaune. Le récit se déploie à travers le triomphe de la volonté sur la peur. Dit comme ça, on a l’impression de voir un film à mi-chemin entre Nietzsche et Riefenstahl, mais cela n’a ni l’intelligence de Friedrich, ni la puissance esthétique de Leni. Une bonne grosse bouse comme on les aime.

La Thor tue

Autre très grosse déception, le Thor de Kenneth Branagh. Bon, Branagh c’est un peu Beaucoup de bruit pour rien. Si l’acteur est excellent, sa filmographie en tant que réalisateur ne plaide pas vraiment en sa faveur. Frankenstein ou ses nombreuses adaptations de Shakespeare n’ont pas fait de lui un Clint Eastwood british. Son adaptation de Thor, le gros badass divin de Marvel fait pleurer, car sous nos yeux ébahis un mythe s’effondre sous nos yeux. Malgré un cast assez prestigieux (outre Chris Hemsworth qui incarne le dieu nordique, on compte également Natalie Portman et Anthony Hopkins), le film se vautre complètement. Si les scènes qui se déroulent à Asgard sont, comme pour Green Lantern, plutôt fun bien que kitch dans leur réalisation, lorsque Thor redescend sur terre, cela devient complètement surréaliste. Kate Dennings (que l’on a vu dans Une nuit à New York en compagnie de Michael Cera) joue la side-kick comique de Natalie Portman (qui donne l’impression de se faire grave chier). Mais toutes les vannes de Dennings tombent à plat, et marquent un irrespect total de la mythologie marvelienne. Thor devient un sosie de Jean Réno dans Les visiteurs et nous inflige une bonne heure de cabotinage. Rien ne vient sauver le film, pas même une pseudo réflexion sur le lignage, la paternité. Malgré une intrigue très shakespearienne à base de complot dynastique et de quelque chose de pourri au royaume d’Asgard, Branagh n’arrive pas à saisir la personnalité du dieu vivant qu’est Thor. Le film n’aura finalement servi qu’à introduire Thor pour Avengers et Œil de Faucon, que l’on aperçoit brièvement.

America, America

Comme tout le monde le sait, l’Amérique c’est de la balle. On y mange des gros burgers, on conduit des gros 4×4 et on possède tous des gros guns. Mais ce qui rassemble tous les gros ricains, c’est leur armée qu’elle est belle et forte. S’attaquer à l’adaptation de Captain America, c’est prendre à bras le corps tout un mythe de l’Amérique. Comparé aux deux films précédents, le Captain America: First Avenger est une réussite. De manière objective, Captain America s’avère être un très bon film, qui joue avec beaucoup d’ironie, sur la figure du Captain.

Captain America, le comics, est né en 1940, en pleine guerre contre le nazisme. Simon et Kirby en ont fait le bras armé de l’Amérique contre le fascisme. On peut ainsi voir le Captain donner une torgnole à Hitler, symbole d’une Amérique héraut de la liberté. Le déclin de l’Amérique sur le plan de la politique extérieure correspond également à une redéfinition du rôle de Captain America dans les comics. Le récent Civil War a vu le Captain s’ériger en rempart de la liberté face à l’Etat Américain. Et mourir.

Le film de Joe Johnston (à qui l’on doit les très mauvais Jurassic Park III et Wolfman) reprend la mythologie dans son contexte original. On se retrouve donc aux Etats-Unis en plein durant la Seconde Guerre mondiale. Steve Rogers, gringalet rêvant de participer à l’effort de guerre, se retrouve impliqué dans l’élaboration d’un super soldat par l’armée américaine assisté d’un scientifique allemand passé du côté allié. De gringalet, il se retrouve Mister muscle, avec pour objectif de servir de propagande pour vendre des bonds du trésor, au lieu d’aller se battre du côté de ses camarades. Ironie et réflexion intéressante sur la figure du Captain version comics, ayant également servi de propagande en son temps, cet aspect tempère le propos parfois un peu trop patriotique du film. Ainsi, l’envie de Steve Rogers de devenir soldat mêle patriotisme et pacifisme. Patriotisme parce qu’on parle de Captain America, et pacifisme parce qu’il faut bien que cela soit compréhensible pour le spectateur du XXe siècle à l’export.

L’intrigue se concentre autour de l’opposition à l’Hydra, organisation secrète qui permet de faire passer le nazisme au second plan. L’Hydra est dirigé par le fanatique Crâne Rouge (censé représenter dans les comics l’accointance du nazisme et du communisme pour les ricains de l’époque), interprété par Hugo Weaving, qui a la gueule de l’emploi. Grand occultiste, Crâne Rouge est à la recherche d’une source d’énergie en provenance direct d’Asgard, le Cube Cosmique, qui dans Thor est censé être dans une salle du palais. Mais là elle est sur terre. Alors on sait pas trop ce qu’elle fout là, mais c’est pas grave ça fait un peu de crossover entre les deux films. Une intrigue qui rappelle un peu Indiana Jones et l’arche d’alliance, que j’ai revu hier. Joe Johnston y fait d’ailleurs directement référence lorsqu’il fait dire à Crâne Rouge, dans un très belle séquence hommage à Spielberg, que chercher le Cube Cosmique est tout de même plus important que les délires occultes d’Hitler en Egypte.

On peut reprocher au film de partir un peu dans tous les sens, en voulant synthétiser Indiana Jones et James Bond en 124 minutes. Mais le film reste de très bonne facture, l’ambiance Seconde Guerre mondiale (malgré les gadgets de Crâne Rouge) est bien retransmise. Le seul gros bémol c’est que le film se pense comme un préquelle aux Avengers de Whedon, et ce du début (dans une scène d’ouverture qui fait penser à un mix entre The Thing et le premier Alien vs. Predators) à la fin avec la présence de Nick Fury (Samuel L. Jackson), qui fait de Captain America une simple mise en bouche.

En guise de conclusion, j’aimerais évoquer une dimension presqu’oubliée des comics américains. J’écoutais dernièrement une émission de France Culture (oui, ça m’arrive et j’en suis peu fier) sur l’aspect messianique des comics américains, directement lié à la religion de la plupart des scénaristes de comics dans les années 40. Si l’on peut effectivement considérer que Captain America représente l’impérialisme conquérant des USA, que Thor et Superman représentent dans une certaine mesure l’idéal-type du surhomme et Green Lantern une sorte de justicier universel, il ne faut pas oublier que tous ces super héros sont nés de l’imagination d’enfants pauvres issus de l’immigration juive de l’Europe de l’Est. Ce qui confère un tout autre aspect à ces mythologies modernes, que l’on pourrait un peu vite taxer de nationalistes. (223)