Le retour du commencement des mutants Marvel (ou préquel de la trilogie ayant déjà réalisée un spin-off)

La Marvel-Exploitation a produit le pire comme le meilleur. Ces temps-ci c’est surtout le pire qu’il nous a été donné de voir sur nos écrans. Un Iron-Man 2 auto-parodique, un Thor sans saveur, un X-Men III peu enthousiasment et, comble du ridicule, un Wolverine passant à côté de la mythologie distillée par le comics original. C’est donc désabusés que nous attendions ce X-Men First Class (X-Men le commencement en v.f.). Surtout que le titre fait référence à la mini-série créée en 2006 par Jeff Parker et Roger Cruz, mais s’en écarte complètement. Car si le comics reprenait les personnages originaux du début de la série (Cyclope, Marvel Girl, Angel, le Fauve et Iceberg), seul le Fauve se retrouve à l’affiche de la première classe mutante. Mais ce n’est pas vraiment la faute de Matthew Vaughn…

Matthew Vaughn, réalisateur plutôt fidèle de Kick-Ass, reprend le bébé que Bryan Singer lui a laissé. Et pour être en accord avec la saga, il ne fallait pas prendre les mêmes personnages que la version des années 2000. Un peu de logique, bon sang ! Tout ça pour dire que si on se retrouve avec un crew complètement fantaisiste (on mêle le Fauve à Darwin, Havok, Mystique, Angel [la fille-mouche, pas le play-boy milliardaire] et le Hurleur), c’est la faute à Singer qui avait déjà fait un gloubi-boulga dans son premier X-Men. Evidemment, il fallait appâter le chaland avec des personnages sexy que tout le monde connait (Tornade, Wolverine, Colossus, Diablo, etc.), plutôt que de suivre la progression des arrivées mutantes. On se retrouve donc avec le reste. Ce qui n’a pas été utilisé auparavant, et c’est vrai que c’est tout de suite moins impressionnant. Si l’on se réjouit de l’arrivée du Fauve et du Hurleur (qui est un gamin pré-pubère de 14 ans, alors qu’il est censé être l’un des plus vieux arrivant de la seconde génération, en même temps que Tornade, Wolverine, Colossus, Sunfire et Proudstar), la pertinence du reste du crew est relative. Qu’est-ce que fout Angel ici, alors qu’elle a été introduite au moment de la crise Cassandra Nova ? Que dire de Darwin et surtout d’Havok, frère cadet de Cyclope ?

Passons donc à l’équipe mutante du film (on rêve d’ailleurs d’un X-Men centré sur celui des années 90 – celui de mon enfance donc – avec la bande de bâtards : le Fauve, Gambit, Tornade, Malicia, Cyclope, Diablo, Colossus, Wolverine, Psylocke, Jean Grey), pour nous concentrer sur le fim à proprement parler. Et il faut l’avouer : c’est pas si mal. Faire évoluer l’action dans les années 70 permet d’aborder des sujets passionnants : la traque des nazis en Amérique Latine (où Magnéto fait preuve de plus de dextérité que OSS 117), la crise des missiles de Cuba, les relations USA/URSS… L’utilisation du Club des Damnés est aussi heureuse, car on a le plaisir de retrouvé Sebastian Shaw (en ex-nazi, mouais) et surtout Emma Frost. Par contre l’utilisation d’Azazel et de Riptide, qui n’ont jamais appartenus au fameux Club (mais bon le fait qu’Azazel et Mystique se retrouvent ensembles dans le camp de Magnéto est plutôt bien trouvé, puisqu’ils sont tous deux les parents de Diablo) est plus gênante. L’apparition de Moira MacTaggert est également bien exploitée. Sur le cast, on peut dire qu’il est impec’ pour les premiers rôles. Fassbinder en Magnéto, c’est un grande idée, James MacCoy joue parfaitement son Xavier beau gosse et Kevin Bacon est taillé pour le rôle de l’ancien nazi comploteur. On peut également applaudir l’utilisation des langues étrangères. Contrairement à la doctrine américaine du « tout en anglais », Vaughn n’hésite pas à tourner en v.o. quand le contexte s’y prête. Les nazis parlent en allemand (contrairement aux  nazis anglophones de La liste de Schindler), les cocos parlent russes, les banquiers suisses parlent français. Prend ça dans ta gueule, l’hégémonie de la langue anglaise !

Qui veut la peau d’mon crew?

Quant au scénario, c’est l’occasion d’évoquer la naissance de la rivalité entre un Xavier qui a encore des cheveux et un Magnéto torturé. Xavier est décrit comme un génie imbu de lui-même, né avec un cuillère en argent dans la bouche, tandis que Magnéto a dû vivre dans l’horreur des camps de concentration. La psychologie de Magnéto est au final assez bien traité, à part sur la fin. « Je suis d’accord avec toi, mais je vais quand même te buter parce que t’as tué ma mère », c’est un peu léger. La position idéologique qu’il adopte (un nazisme mutant) n’est pas fidèle à celle que l’on attendait (la peur de voir les mutants être emmenés dans des camps de concentration). Un autre aspect psychologique du film est à mettre en avant, celle de l’acceptation de sa différence (malgré le slogan pourri « Mutant et fier de l’être »), à travers la ligne de démarcation qui sépare les mutants eux-mêmes (les mutations voyantes/invisibles), même si là encore on reprend le même schème manichéen : ceux qui revendiquent leur différence finiront dans les bras de Magnéto. On ne saurait faire trop de reproches à ce X-Men, du fait qu’il surpasse largement le reste de la production Marvel que nous avons pu voir ces derniers-temps. Encore une fois, l’utilisation de l’Histoire, et en particulier la crise des missiles de Cuba, nous plonge dans une ambiance digne des premiers James Bond. Une des premières scènes, au sein du Club des Damnés, est tout à fait réussite. Pour le reste du cast, à quelques exceptions près, il se tient très correctement. Emma Frost ne satisfait pas les exigences esthétiques du comics, et Mystique est encore une fois dotée de marques chelous sur la peau (mais POURQUOI ?).  On regrettera cependant le fait que la mutation en diamant d’Emma Frost soit si laide.

Bref on attend donc avec une impatience non feinte la sortie d’Avengers. Par contre les premières images de Green Lantern prédisent un film tout pourri, alors que celles de Captain America sont plutôt stimulantes.

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X Men Origins : Wolverine

Bon ok, c’est pas très BDA comme film. Pire, rien ne le sauve, pas d’histoire pyschologisante compliquée avec le père à la Hulk (par Ang Lee), ni de réflexion sur le devoir et la responsabilité à la Spider Man (Sam Raimi), et encore moins du second degré à la Iron Man… A la rigueur, on peut s’épancher sur le passé shakespearien de celui qui personnifie le super héros Wolverine (Serval pour la version française), j’ai nommé Hugh Jackman. Mais bon, comme à IVV on n’a jamais caché notre passion pour la bière pas chère, les matchs de foot en mode beauf, les parties de PES, les films de boule de série B, on ne cachera pas non plus notre passion pour les comics.
Oui, tout jeune j’ai été initié aux comics, à travers les vieux numéros de Strange, et puis X-Men, Spider Man, Green Lantern, Iron Man, etc. Je n’ai jamais caché d’ailleurs ma préférence pour Wolverine, L’Arme X étant sans nulle doute la meilleure invention de Marvel. Bon d’accord, ça fait très Big Bang Theory (quoi ! vous connaissez pas ? bandes de loosers BDAistes, regardez en bas je vous ai mis un extrait !), et de toute façon on s’en fout. Mais cela montre bien l’attente que les fans peuvent porter quand leurs héros prend chair… et qu’ils soient souvent déçus, le réalité ne correspondant pas toujours à l’image que l’on s’était forgé de nos super-héros. Pour les néophytes, un petit rappel est nécessaire : X-Men Origins est un préquel à la trilogie X-Men déjà sortie, c’est-à-dire qu’il raconte ce qui s’est passé avant, en l’occurrence comment ledit Wolverine a gagné ses griffes en lames de rasoir. X-Men Origins : Wolverine a réussi le coup de force de prendre les héros les plus perturbés de l’histoire des comics (Wolverine, Sabretooth et Deadpool), et d’en faire un film d’action sans saveur… Quel dommage tout de même que les pistes tracées par le scénario (l’histoire de Wolvie enfant, sa relation fraternelle avec Sabretooth) soient noyées dans le spectaculaire holywoodien. On regrette donc ici la faiblesse du scénario, mais aussi la mauvaise utilisation des personnages. Faire de Deadpool un autiste doté de supers pouvoirs (dont celui de Cyclope… gna?) est ridicule, tout comme l’introduction du cajun Gambit, qui ne sert strictement à rien, à part se la péter avec son bâton. Hugh Jackman reste sérieux dans son rôle, bien trop sérieux pour incarner la torture psychologique inhérente à son personnage velu. Finalement c’est Sabretooth qui s’en tire le mieux du côté bestial… Pas non plus de réflexion sur le temps qui passe (et qu’on ne rattrape plus), ou plus sérieusement sur le fait que Wolverine et son frangin ne vieillissent quasiment pas. Rien non plus sur les différentes guerres auxquelles ils ont participé (Première et Seconde Guerre mondiale, guerre du Vietnam), alors que justement The Watchmen en avait fait son fond de commerce… Bref du grand public qui ne s’adresse pas même aux fans de la première heure, ni aux amateurs de films dotés d’un minimum de scénario… Un peu comme le nouveau Star Trek, mais comme je ne suis pas du tout un fan de la série, je ne saurais vous le commenter. A moins que je ne dégotte un fan dans la rédaction, ce qui doit se trouver entre les footeux, geeks et autres nerds dont IVV est rempli…

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